Camembert Gourmet

Le Camembert Gourmet est un petit cylindre de tendresse crémeuse aux notes de crème et de beurre bien enveloppées d'une fleur évoquant la fraîcheur du champignon. L'intensité et la douceur de sa crème en font un fromage d'une grande facilité à associer aux bières douces, telles les désinvoltes, les doubles, les bières fortes en alcool et les pale-ales. L'amertume de la croûte semble alors disparaître. Elle a tendance à se réveiller devant la présence de bières fortement houblonnées. La réunion de ces deux larrons provoque souvent une amplification des perceptions amères.

Les associations avec les bières de blé telles la Schneider Weisse invite le blé et la banane à sauter de bonheur dans la crème du fromage, qui se fait très onctueuse. Le champignon est totalement absent de la relation. La douceur veloutée et fruitée domine du début à la fin. Il en est ainsi du couple formé avec l'Aventinus, une weizen plus forte en alcool. Quoique timide en début de relation, la douceur se démarque déjà. Le sucre caramel de la bière se fond ensuite dans la crème onctueuse du fromage. Des notes de vanille s'écoulent en finale. Nous pouvons reconnaître un profil semblable avec les blondes du diable, telles la Maudite ou la Duvel. Ces bières s'enfoncent dans le fromage qui forme alors un couple tissé de nuances gourmandes savoureuses : la crème, le malt et le houblon s'unissent dans une harmonie de saveurs délicates.

Encore une fois, la croûte semble totalement absente des notes jouées dans les relations en compagnie des bières d'origines britanniques, pourtant bien houblonnées. Le duo composé avec la London Pride, par exemple, produit une effusion prévisible d'un jet de caramel. L'amertume houblonnée de la bière ignore alors totalement celle de la croûte pour former le dessert crème caramel! Le jaillissement de la crème caramel souligne la relation jusque dans les tréfonds de l'étalement et de la finale.

Les saveurs intenses de café noir marquent le début du jumelage avec la London Porter. Un très agréable jaillissement de torréfaction de café noir se produit au début. Puis, en étalement, la crème se dissout de plus en plus dans le café. En fin d'arrière-goût, un café crème se forme. Remarquons de nouveau que l'amertume de la croûte est totalement absente de la relation.

Un succulent dessert se crée en compagnie de la Mc Ewans Scotch ale. Le caramel de la bière se fond alors dans la crème du fromage avec délicatesse. La crème enveloppe ensuite le caramel. La confiserie fond paisiblement en étalement. Un autre dessert se développe avec la St-Ambroise, une bière de blé à l'abricot. Une agréable explosion du fruit fond dans la crème. On remarque alors que le champignon vient enlacer le couple. Il est complètement dénué d'amertume. Il vient tout simplement souffler une brise rafraîchissante. En finale, la crème se fait toute tendre en s'évanouissant.